Quand la douleur rencontre l’espoir : la névralgie du trijumeau

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20 octobre 2026

Quand la douleur rencontre l’espoir : la névralgie du trijumeau

Cet article de vulgarisation scientifique a été rédigé par Anne-Gabrielle Maheux, étudiante finissante en électrophysiologie médicale au Cégep de Lévis.

Le corps humain est une machine complexe et incroyable en soi. Chaque organe travaille en harmonie avec le reste du corps pour nous permettre de fonctionner au quotidien. Le processus est génial, certes, mais lorsque notre corps décide de se rebeller et de travailler à contre-courant, l’harmonie peut être rapidement détruite. Imaginez-vous vous réveiller un matin et ressentir, sans prévenir, un courant électrique à haute tension vous traverser le visage (Rubin, 2026). Une douleur brève mais insupportable, qui se répète des dizaines, voire des centaines de fois par jour et persiste pendant des années (Rubin, 2026). C’est ce que vivent des milliers de personnes atteintes d’une maladie rare appelée : névralgie du nerf trijumeau (Rubin, 2026).

 

Qu’est-ce que la névralgie du nerf trijumeau ?

La névralgie du nerf trijumeau est une condition médicale qui touche le plus gros nerf du visage (Rubin, 2026). Ce nerf débute au niveau du tronc cérébral, une région située à la base du cerveau, puis se divise en trois nerfs plus petits, un peu comme un tronc d’arbre qui se sépare en plusieurs branches (PasseportSanté, 2025).  La branche du haut se rend jusqu’à l’œil, celle du milieu se dirige vers le nez et la joue, tandis que la branche du bas descend jusqu’au menton (PasseportSanté, 2025). Le nerf trijumeau a plusieurs fonctions essentielles : il permet de bouger la mâchoire, de transmettre au cerveau les sensations ressenties au niveau du visage et de participer à certains réflexes, comme le larmoiement (PasseportSanté, 2025), qui protège nos yeux contre les irritations (par exemple lorsqu’une poussière entre dans votre œil) (Brady, 2025). Toute atteinte de ce nerf peut donc entraîner des conséquences importantes sur la qualité de vie au quotidien.

Lors d’une névralgie du nerf trijumeau, celui-ci est comprimé le long de son trajet vers le visage, un peu comme si on posait le pied sur un boyau d’arrosage (Rubin, 2026). Dans ce cas, l’intérieur du boyau ne contient pas de liquide, mais plutôt un ensemble de fils électriques qui se connectent au visage. Cette compression peut avoir diverses causes (Rubin, 2026). La plus fréquente est la pression exercée par un gros vaisseau sanguin, comme une artère, qui dévie de son trajet habituel et vient appuyer sur le nerf (Rubin, 2026). Chez certains patients, la pathologie peut également être due à une blessure ou à la présence d’une tumeur (Rubin, 2026).

On peut comparer le nerf trijumeau à un câble électrique utilisé pour charger un ordinateur. Le câble représente le nerf, tandis que les fils à l’intérieur correspondent aux différentes branches qui se ramifient dans le visage. Lorsqu’un câble est abîmé, par exemple s’il est trop plié au même endroit ou s’il est sectionné, les petits fils à l’intérieur sont également endommagés. L’électricité ne circule plus correctement, ce qui empêche l’appareil de se recharger.

Symptômes
Diagnostic
Les différents traitements
Déroulement de la procédure

En somme, la névralgie du nerf trijumeau est bien plus qu’une simple douleur au visage. Elle peut transformer des gestes quotidiens, comme parler ou se brosser les dents, en véritables épreuves (CARE Hospitals, 2024). Grâce aux avancées médicales, notamment la radiochirurgie stéréotaxique par Gamma Knife, il est désormais possible de cibler précisément l’origine de cette douleur et d’offrir un réel soulagement aux patients (Elsan, 2025).

Dans le domaine de l’électrophysiologie médicale, la compréhension du fonctionnement des voies nerveuses est essentielle pour mieux diagnostiquer et suivre ce type de pathologie. Lors des examens d’électromyographie, examens spécialisés permettant d’évaluer le fonctionnement des nerfs et des muscles, il n’est pas rare que le technologue prenne en charge ce type de patient (Michaud, 2026). Il est ainsi pertinent de connaître les symptômes et les examens susceptibles d’aider au diagnostic. Par exemple, le réflexe de clignement (blink reflex) permet d’évaluer la transmission de l’influx nerveux le long du nerf trijumeau, à travers le tronc cérébral, jusqu’au nerf facial. En analysant la vitesse et la présence des réponses enregistrées des deux côtés du visage, il est possible de déterminer si le circuit nerveux fonctionne normalement et, le cas échéant, de localiser le niveau de l’atteinte. Ces outils jouent un rôle important dans une prise en charge plus précise et mieux adaptée des patients.

La neuromodulation représente aujourd’hui un domaine en pleine évolution dans la prise en charge de la douleur chronique, regroupant différentes techniques permettant d’agir directement sur le système nerveux afin de diminuer la douleur (Knotkova et al., 2021). En utilisant des stimulations électriques ciblées, il est possible de modifier la transmission des signaux douloureux vers le cerveau, offrant ainsi de nouvelles pistes pour le traitement des douleurs neuropathiques (douleurs liées à l’atteinte des nerfs), notamment celles associées à la névralgie du trijumeau (Knotkova et al., 2021). C’est dans cette perspective que des examens comme le réflexe de clignement prennent tout leur sens, car ils permettent de mieux comprendre et de localiser l’origine de la douleur. Ces avancées laissent entrevoir un futur où il sera possible de contrôler la douleur directement à sa source.

Cet article a été réalisé dans le cadre du cours de Séminaire d’intégration et de développement professionnel en électrophysiologie médicale au cégep de Lévis. Il a pour objectif de présenter de façon claire et accessible une problématique liée au domaine de la santé, tout en faisant des liens avec les connaissances acquises au cours de la formation. Ce travail permet également de développer les compétences nécessaires à la recherche, l’analyse et à la communication scientifique.

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